Favoris

3 idées reçues sur la hernie discale

3 idées reçues sur la hernie discale

Le diagnostic de hernie discale est souvent source d’inquiétude. Pourtant, les données scientifiques actuelles permettent de relativiser certaines croyances très répandues. Voici trois idées reçues fréquentes sur les hernies discales, et ce que la science en dit réellement.

3 idées reçues sur la hernie discale

Une hernie discale, c’est forcément grave

La présence d’une hernie discale à l’imagerie ne signifie pas automatiquement douleur ou gravité. De nombreuses études ont montré que les hernies discales sont fréquentes chez des personnes ne présentant aucun symptôme. Une revue systématique de Brinjikji et al. a montré que la prévalence des protrusions et hernies discales augmente avec l’âge, y compris chez des individus totalement asymptomatiques (American Journal of Neuroradiology, 2015). Autrement dit, une hernie peut exister sans provoquer de douleur.

La douleur dépend davantage de la sensibilité du système nerveux, de l’inflammation locale et du contexte global de la personne.

3 idées reçues sur la hernie discale

Une hernie discale, il faut l’opérer

La chirurgie n’est indiquée que dans une minorité de cas bien précis, notamment en présence de déficits neurologiques sévères ou de douleurs résistantes à une prise en charge bien conduite.

Les études montrent que, dans la majorité des cas, l’évolution est favorable avec un traitement conservateur. Une méta-analyse publiée dans The Spine Journal indique que de nombreuses hernies discales diminuent spontanément de taille avec le temps, parfois jusqu’à disparaître, grâce aux mécanismes naturels de résorption (Chiu et al., 2015).

3 idées reçues sur la hernie discale

Une hernie discale = le sport interdit

L’arrêt total de l’activité physique n’est généralement pas recommandé. Au contraire, le maintien ou la reprise progressive du mouvement est aujourd’hui considéré comme un élément clé de la récupération.

L’activité physique adaptée améliore la fonction, réduit la douleur et diminue le risque de chronicité chez les personnes présentant une hernie discale (Hartvigsen et al., The Lancet, 2018).

Le type, l’intensité et le volume d’activité doivent être adaptés à chaque situation, mais le mouvement n’est pas l’ennemi du disque intervertébral. La colonne vertébrale est une structure robuste, capable de s’adapter aux contraintes lorsqu’elles sont progressives et bien dosées.

3 idées reçues sur la hernie discale

En résumé

  • Une hernie discale n’est pas systématiquement grave ni douloureuse
  • La chirurgie est rarement nécessaire et réservée à des indications précises
  • Le sport et l’activité physique ne sont pas interdits, mais doivent être adaptés
3 idées reçues sur la hernie discale
  • Brinjikji W. et al. Systematic literature review of imaging features of spinal degeneration in asymptomatic populations. American Journal of Neuroradiology, 2015.
  • Chiu C.C. et al. The probability of spontaneous regression of lumbar herniated disc. The Spine Journal, 2015.
  • Hartvigsen J. et al. Low back pain series. The Lancet, 2018.
  • Haute Autorité de Santé. Prise en charge de la lombalgie commune.
  • NICE Guidelines. Low back pain and sciatica.

D'autres articles